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Salaire et indemnités des intermittents

Rémunérations des intermittents du spectacle.

Le problème lié à l’indemnisation des intermittents lors de leurs périodes de chômage revient depuis de nombreuses années au devant de la scène, puisque le bruit court que cette corporation bénéficierait d’avantages que n’ont pas les autres chômeurs.

On classe les intermittents en deux catégories :

  1. Les artistes eux mêmes
  2. Les techniciens travaillant dans le domaine

Dans ces métiers, l’intermittence est devenue plus ou moins la norme et les producteurs de spectacle en profitent quelquefois pour organiser des cycles de travail rémunérés auxquels suivent des périodes de chômage, et cela en continu.  La Cour des comptes en 2012 pensait qu’un tiers du déficit global de l’Unedic était due aux 3 % des chômeurs intermittents du spectacle.

Pour comprendre pourquoi ce système coûte cher, il suffit de calculer combien un intermittent ayant travaillé la période minimale admise, soit 507 heures sur 304 ou 319 jours (artistes & techniciens), touchera durant ses 243 jours d’indemnisation. Sur le site service.public.fr on trouve le mode de calcul :

L’allocation journalière (AJ) d’aide au retour à l’emploi est calculée selon la formule suivante : AJ = A + B + C

A = AJ minimale x [0,50 x SR (jusqu’à 12 000 €) + 0,05 x (SR – 12 000 €)] / NH x Smic horaire

B = AJ minimale x [0,30 x NHT (jusqu’à 600 heures) + 0,10 x (NHT – 600 heures)] / NH

C = AJ minimale x 0,40

Allocation journalière (AJ) minimale = 31,36 €

SR : Salaire de référence = Salaire total brut de la période considérée

NH : Nombre d’heures exigées sur la période de référence = 507 heures sur 304 ou 319 jours

Smic horaire = 9,53 € (depuis le 1er janvier 2014)

NHT : Nombre d’heures travaillées période de référence

L’allocation journalière est comprise entre 31,36 € et 133,27 €

Si on prend l’exemple d’un technicien ayant travaillé 11 mois avec une moyenne de 100 heures par mois et un salaire brut moyen de 2 000€, le calcul est le suivant :

SR = Salaire des derniers 304 jours = 2000 x 11 x (304/335) = 19 964€

A = 31,36€ x [0,50 x (12 000) + 0,05 (19 964 – 12 000)] / 507 x 9,53 = 41,53€

B = 31,36€ x [0,30 x (600) + 0,10 x (1 100 x (304/335) – 600)] / 507 = 13,60€

C = 31,36€ x 0,40 = 12,54€

L’allocation journalière de ce technicien durant 243 jours sera donc de :

AJ = 41,53 + 13,60 + 12,54 = 67,67€

Soit (sauf erreur de calcul) par mois une indemnisation moyenne de 2 058,30 €, soit plus que le salaire brut de départ.

Qui dit mieux ?

Remarque : Comme on peut le voir dans la petite vidéo associée à l’article du point, on parle ici de salaire de remplacement et non plus d’indemnité chômage. Comme aurait dit Coluche, « en France on est tous égaux, mais certains le sont plus que d’autres ». On peut se demander en effet comment les cotisations chômage de cette corporation pourrait assurer le salaire de remplacement de ses adhérents sans emploi ? La réponse est claire, c’est impossible, sauf à utiliser les ressources du régime général. C’est ce qu’au ministère de la culture, on appelle fièrement l’exception culturelle française , qui permet de déshabiller Paul pour habiller Jacques.

Dans cette France égalitaire, combien existe-t-il de régimes spéciaux dans lesquels les avantages des uns se font aux détriments des autres ? Comment d’un autre coté pourrait-on avoir confiance dans la législation future, quand on sait que ceux qui font les lois sont les premiers servis ?

Sources : fr.wikipedia.org – vosdroits.service-public.fr – lepoint.fr – contrepoints.org – 2014

Publié dans Dis-moi combien tu gagnes ?
6 commentaires sur “Salaire et indemnités des intermittents
  1. Edtiza dit :

    Notez tout de même qu’un technicien qui touche 2000 €/mois de salaire, c’est très rare. Car c’est là que le bât blesse : la plupart des artistes touchent des sommes dérisoires pour leur travail. Un acteur de théâtre par exemple qui travaille pour une « petite compagnie » (c’est-à-dire hors d’une scène nationale ou d’un centre dramatique national) soit environ 80% de la profession n’est pas rémunéré pendant le mois de répétition du spectacle et lorsqu’il joue il touche environ 110 euros brut par soir ! Trouvez-vous que c’est si cher payé que ça ? La soirée est comptabilisée comme 12 heures de travail à condition que ce ne soit pas plus de 5 jours consécutifs avec le même employeur sinon ce n’est que 8 heures (là aussi compte tenu du nombre d’heures de répétition non payées c’est finalement très peu) et il lui en faut 507 pour espérer toucher des allocations de pôle-emploi.
    N’oublions pas également que les charges patronales et salariales sont les plus fortes des corps de métier !
    Pensez-vous qu’ils soient si privilégiés que ça ?

  2. Mr Excel dit :

    Si les conditions de travail ne sont pas bonnes et mal rémunérées, ce n’est pas suffisant pour trouver normal de vider les caisses des indemnités chômages alimentés par seuls salariés du privé.

  3. Petrus dit :

    Ce chômeur travail 11 mois sur 12 donc il toucheras 1 mois d’indemnité chômage.
    De plus l’intermittent cotise plus pour l’assurance chômage! Le plafond est trop haut, les propositions que nous défendons plafonnent ses indemnités…
    Coupons en haut pas en bas!

  4. menard dit :

    erreur de calcul en effet.
    si tu prends la bonne formule tu tombes sur une indemnisation de 62,78 euros par jour. cette allocation est brut.
    en enlevant les cotisations il reste 58,12 euros soit pour 1 mois : 1743,67
    on est donc en dessous du brut de départ.
    de plus un intermittent qui fait 100 heures par mois est indemnisé selon la formule
    jours non indemnisé = nombre d’heures travaillés / 8 X 1,4 soit 100/8X1,4 = 17 jours.
    Il lui reste donc 13 jours d’indemnité à 58 euros soit 755 euros.
    en prenant son salaire brut de 2000 (donc en net environ 1550) il a pour le mois 2300 euros net.
    Pour 100 heures de travail tu vas me dire que c’est largement correct et je suis d’accord si ce n’est que pour déclarer une journée de 10h il a pu aller travailler dans le théâtre près de chez lui et être payé toutes les heures qu’il a fait ou bien il avait une date à 800 bornes de chez lui, il est parti la veille, à travailler toute la journée et n’est rentré que le lendemain. ça lui à donc bloqué 3 jours pour déclarer 10 heures. Tu vois en fait tout n’est pas aussi simple qu’une formule mathématique. Parce qu’à ce rythme là pour faire ces 11 jours de boulot dans le mois, ça lui en prend 33 jours (et note bien que dans un mois c’est pas évident).
    Bonne journée.
    célio

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